vendredi 23 février 2018

Sixième jour - Les C dans le blizzard

Nos héros se réveillent au Stone Lizard Lodge de Blanding, un motel refait à neuf. Il est tenu par un vieux monsieur du coin, qui l'a mis en place pour sa retraite, et explique au petit déjeuner qu'il est le premier surpris de le voir rempli en basse saison.

Tandis qu'ils déjeunent et bavardent, une neige épaisse se met à tomber. La météo l'avait annoncée, mais cela ne rend pas la chose rassurante. Les C ont une centaine de miles à faire vers Moab, leur prochaine étape. Interrogé par papa C, le propriétaire de l'hôtel répond que cela devrait être faisable,  que cela sera un peu compliqué jusqu'à Monticello, la prochaine ville, 1000 pieds plus haut, mais qu'après, on reste à niveau, puis on descend. Les C partent donc, sous une neige épaisse qui commence à tenir.


La route est large, relativement droite, et des voitures précédentes ont laissé des traces. Elle a probablement également été sablée et salée pendant la nuit. Mais elle monte, et plus on avance, plus la neige est forte. Arrivés à Monticello, les C traversent une vraie tempête de neige.



Le sang froid de maman C fait des miracles. Peu à peu, la route redescend et la neige cesse de tomber, les C, victorieux, passent Wilson Arch, une arche naturelle au sud de Moab, qui n'est pas, sous la neige, sans un certain charme.


Ils arrivent à Moab, où il a également neigé. Ancienne capitale de l'uranium, cette petite ville de l'Utah, coincée entre les parcs nationaux des Arches et de Canyonland, s'est reconvertie dans le tourisme et l'aventure. La rue principale est une longue succession de motels, de restaurants et de magasins d'équipement de randonnée. Au bout de la ville se trouve le parc des Arches, objectif de la journée. Les C y arrivent en fin de matinée.


Les Arches sont un des parcs les plus visités des Etats Unis, plus d'un million et demi de touristes par an. On y voit un certain nombre d'arches naturelles, de rochers en équilibre, et de petits canyons creusés entre des lames de pierre verticales. Comme dans tous les autres parcs, on y circule sur une route panoramique assez longue (quelques dizaines de miles) et on s'arrête à des points de vues, d'où partent parfois des sentiers de randonnée. Ces derniers vont de chemins en ciment, où l'on croise des personnes âgées en déambulateur, à des sentiers plus alpins, qui demandent parfois plusieurs jours. Au Visitor Center, les C sélectionnent leurs destinations de la journée, puis reprennent la voiture, visitent les deux ou trois premiers points de vue, puis s'installent dans la voiture pour pique-niquer. Ce n'est pas très confortable, mais comme il fait à peine plus de zéro dehors...

Le déjeuner pris, on visite le parc. On y voit, sous la neige, des rochers en équilibre précaire.


Des rochers avec un trou dedans.


Des rochers avec deux trous dedans.


Des rochers façon échangeurs d'autoroute.


Des rochers et du sable rouge sous la neige


Et des arches franchement impressionnantes


Il fait malheureusement un ciel gris, mas il y a de la neige, ce qui n'est pas courant. Les C finissent par l'arche délicate, symbole du parc, qu'ils n'aperçoivent que de loin vu l'heure tardive.


Les C redescendent à leur hôtel, une grosse résidence de vacances à peu près vide en cette saison, dînent dans un buffet "all you can eat soup salad and pizza" qui fait le bonheur des petites C (et de leur père), puis vont se coucher. Demain est un autre jour.









jeudi 22 février 2018

Cinquième jour - Monument Valley

De bon matin, les C quittent sans regret Kayenta, bourgade moche, et roulent vers le nord. Dès les premiers kilomètres, le paysage devient intéressant. Il fait un beau ciel bleu, ce qui ne gâte rien.


Puis, on arrive à Monument Valley, sans l'ombre d'un doute.


En cette saison, il n'y a presque personne. La principale attraction consiste en une longue piste en terre, qui fait le tour des buttes. Les C y sont tous seuls, ce qui est très agréable (papa C frémit à l'idée de la cohue qui doit s'y tenir en été).

Le parcours est magique. On y voit des endroits tellement filmés qu'ils ont fini par entrer dans notre imaginaire, à côté de la maison des sept nains et du château de la belle au bois dormant.
 

 
L'après midi, les C parcourent le seul sentier de randonnée ouvert au public sans l'indispensable (et coûteux) "guide navajo". Il fait, sur six kilomètres, le tour de la butte de la mitaine, l'une des plus connues (à gauche sur la photo ci-dessus). Nos héros y sont seuls, ce qui ne gâte rien (papa C pense avec horreur à la visite en été, avec temps chaud et touristes en meute)

Le tour de la butte révèle l'aspect le plus surprenant de ces monuments. S'ils sont impressionnants vus de face, de profil, ils sont tout fins. Et tout ceci ne fait que renforcer l'impression de théâtre. Les monuments sont plats, comme des décors de cinéma.

 

On quitte Monument Valley, une dernière photo, de loin, de la silhouette que chacun connait par cœur...


Comme il est un peu tard, la seconde attraction de la journée, la Vallée des Dieux (une sorte de Monument Valley bis) ne pourra être visitée. Les C ont néanmoins un détour par Gooseneck State Park, un point de vue d'où l'on contemple les méandres de la rivière San Juan, trois cent mètres plus bas.


Nos héros ont quitté l'Arizona pour l'Utah. Ils finissent la journée à Blanding, petite ville de montagne, en pays mormon, dinent dans un restaurant où l'on ne sert pas d'alcool, et dorment dans un charmant motel, refait à neuf.

mercredi 21 février 2018

Quatrième jour - conseil de guerre

Ce matin, les héros sont enrhumés. Il fait à Gallup un froid polaire, et le planning de la journée doit être établi. Chaco, que l'on devait voir hier, est abandonné. C'est à deux heures au nord, dans la neige, loin de tout. On ira aujourd'hui au Canyon de Chelly, plus près, et mieux coté par Jean Jacques Michelin

Mais où dort-on? Assez logiquement, ils pourraient continuer vers l'ouest et le Grand Canyon, mais papa C prévient qu'on y prévoit des -10° dans la journée, ce qui refroidit leurs ardeurs touristiques. Vers le sud alors, la forêt pétrifiée, Sedona, Phoenix, où il fera enfin un temps raisonnable?

Maman C veut voir Monument Valley, son côté fan de John Wayne sans doute. Et comme c'est elle qui conduit, il est convenu qu'on ira vers le Nord, qu'on dormira à Kayenta, au nord de la réserve Navajo, et qu'après avoir vu les indiens aujourd'hui, on ira demain au pays des cowboys.

Le conseil levé, les C s'alimentent, font chauffer la Nissan (qui fonctionnera sans lave glace aujourd'hui, le liquide ayant gelé pendant la nuit), quittent le Nouveau Mexique et s'enfoncent en pays Navajo (la réserve Navajo occupe tout le quart nord est de l'Arizona).
La première étape est Window Rock, capitale de la nation Navajo. Elle tire son nom d'une falaise percée d'un trou. Les C prennent le trou en photo, font un peu de randonnée autour, et repartent.



Un peu plus loin, ils s'arrêtent au Hubbell trading post, sorte de magasin général où s'effectuaient les échanges entre indiens et blancs. Tenu par la famille Hubbell pendant près d'un siècle, il est toujours en activité. En dehors du magasin, on y voit une grange, une forge, quelques animaux. Rien de bien spectaculaire.


Le canyon de Chelly, destination de la journée, est atteint à midi. On y déjeune, puis on visite. Il s'agit d'un canyon creusé dans le plateau, dans lequel vivent quelques familles indiennes, la descente dans le canyon est interdite (en dehors d'une piste). Deux routes en font le tour et s'arrêtent au bord, sur différents points de vue.

 

Maman et les petites C descendent dans le canyon, sur la piste. Papa C, très enrhumé, les attend dans la voiture.

On repart vers 16h30, direction Kayenta, au nord de la réserve Navajo. La route traverse un plateau désert, d'où émeregent parfois de petits montagnes.



Les C arrivent à Kayenta à la nuit tombante. C'est une ville assez étendue, pas très engageante. Ils y occupent un hôtel pas très intéressant, trouvent un restaurant pas très excitant, où ils mangent une soupe pas très tentante. On a connu soirées plus sympathiques.


mardi 20 février 2018

Troisième jour - Où l'on voit de la neige

Levés de bon matin (mais un peu moins qu'hier), les C ouvrent leurs rideaux, et constatent avec satisfaction qu'il n'a presque pas neigé à White Rock. Leur programme du jour prévoit une visite au Chaco Culture National Park, un endroit perdu au nord est du Nouveau Mexique où l'on voit des habitations troglodytes indiennes (deux étoiles au guide de maman C). Auparavant, papa C a prévu de continuer la traversée des monts Jemez, en passant notamment par le cratère d'un ancien volcan, et des sources d'eau chaude. Et comme on souhaite continuer par le Canyon de Chelly, en Arizona, une chambre est réservée pour le soir à Gallup.

Comme cela représente une longue étape, nos héros déjeunent de bonne heure. Papa C interroge la tenancière de l'hôtel sur la praticabilité de la route de Jemez.

"Ca devrait être bon, mais il y aura de la neige"

Même pas peur, se disent les C, qui partent de bon matin à l'assaut des Jemez. Sur les premiers miles, le parcours est très montagnard, avec des lacets et des à pics, mais la chaussée est sèche et large. Trop facile, se disent, les C.

Dans l'autre sens, on voit passer des voitures couvertes de neige. Un peu plus loin, on croise un chasse neige à l'embranchement de la route de Los Alamos. Il y a de la neige sur les bords, la chaussée est un peu mouillée.

Au fur et à mesure que l'on monte, la chaussée sèche devient humide, puis enneigée, puis verglacée. Et la route continue de zigzaguer. Maman C est de moins en moins à l'aise, et un regard sur la carte indique que ce n'est pas fini. Une heure après le départ, nos héros s'arrêtent dans un très beau paysage de montage, avec de la neige partout, et, élément décoratif, un petit 4x4 retourné dans de fossé sur le bord de la route.

Papa C, courageux mais pas téméraire, sonne la retraite. On va contourner les Jemez par le nord. Nos héros font demi tour et redescendent prudemment. Pour changer, ils décident de passer par Los Alamos, ce qui économisera quelques miles. La route est excellente, ce qui parait normal pour un laboratoire de recherches ultra secrètes. Il y a aussi un poste de garde, qui arrête leur voiture, les interroge sur leurs intentions, et les relâche. Ensuite, ils se perdent dans Los Alamos, retrouvent finalement leur chemin grace à Google, et redescendent enfin vers Espagnola, au nord de Santa Fe.

Une petite pause est bienvenue. Le guide de maman C recommande le sanctuaire de Chimayo. C'est l'un des premiers lieux de pèlerinage des Etats Unis, où une poussière sacrée est censée guérir les malades. L'église en pisé est décorée dans un style naïf et hispanisant. Derrière, on montre une impressionnante collection de cannes anglaises, et des photos de proches que les pèlerins laissent sur place, pour qu'ils soient protégés.


Le sanctuaire visité, nos héros repartent vers Abiqiu, au nord de Jémez. Ils traversent un lac artificiel, puis montent vers des hauts plateaux enneigés. Comme on est en fin de matinée, et que le soleil brille, la route a eu le temps de sécher, ce qui arrange bien les affaires de maman C, que la séquence du matin a fâchée avec la conduite sur neige.

Par ce temps, la région ressemble davantage à la Suisse qu'au Nouveau Mexique. Mais le mélange de relief du sud et de neige n'est pas sans charme.



Sur le coup de treize heures, nos héros arrivent à Cuba, au Nord Ouest des Jemez, où ils déjeunent. Comme ils ont mis la matinée à faire un parcours prévu en deux heures. Ils ne visiteront pas le parc Chaco aujourd'hui. Il faut maintenant rallier Gallup. Le chemin le plus rapide passe par de petites routes, mais maman C craint qu'elles soient enneigées, et c'est elle qui conduit, et elle a déjà donné. Il est donc décidé qu'on redescendra sur Albuquerque, puis qu'on prendra l'autoroute (l'ex route 66) pour Gallup.



Les paysages sont beaux, mais le trajet est long, et c'est fourbus et enrhumés que nos héros arrivent à Gallup, dans un motel au bord de la route 66, en face de la voie de chemin de fer où passent d'interminables convois de marchandise. Il fait -13°C, ils dinent dans un Denny's d'un bol de soupe, et s'effondrent dans leurs lits sans avoir décidé de leur destination du lendemain.




lundi 19 février 2018

Second jour - Où l'on voit des villes fantômes

Réveillés de (très) bon matin par le décalage horaire, les C sont prems au petit déjeuner, et découvrent avec horreur qu'il ne s'agit pas du superbe buffet que les quatre étoiles du Sheraton Uptown Albuquerque semblaient préfigurer. En fait, on leur donne deux malheureux tickets, qui correspondent chacun à trois "items" au bar de l'hôtel: un café, un thé, deux pâtisseries de petite taille, deux salades de fruits. Nos héros se partagent cet étique viatique, et décident que puisque c'est comme cela, ils ne visiteront pas Albuquerque. Non mais !

Ils quittent la ville par l'est, et prennent la route de la turquoise, l'ancienne piste vers Santa Fe. Sable jaune, collines pelées, petits buissons noirs et gris, montagnes au loin, le paysage prend des allures de Far West. Les C sont heureux, ils sont venus pour cela.


La route de la turquoise traverse plusieurs villes quasiment désertes, dont Golden, théâtre d'une des toutes premières ruées vers l'or, aujourd'hui ville fantôme. Au milieu de ce paysage abandonné, une petite église en pisé, en très bon état.


La route descend ensuite vers Santa Fe, où l'on retrouve la civilisation touristique. Motels, ateliers d'artistes, boutiques bio se succèdent le long de la route. Les C achètent de l'eau et de la nourriture, histoire de ne pas mourir de faim s'ils tombent en panne dans le désert. Puis descendent dans Santa Fe.

La ville est jolie, mais un peu trop touristique pour nos voyageurs en mal de grands espace. Comme on est Lundi, les musées sont fermés, et la cathédrale ne se visite pas (enterrement en cours). Les C font donc un petit tour du centre, déjeunent sur la place principale, et repartent vers les montagnes de Jemez, au nord de Santa Fe.

Ils arrivent en milieu d'après midi à Bandelier. Dans les falaises de tuf de ce canyon se trouvent d'anciennes habitations troglodytes indiennes. En été, ce lieu est tellement visité qu'on n'y accède qu'en navette. Nous sommes en basse saison, la route de montagne (très vertigineuse) est déserte, et les C sont presque seuls lors de leur visite du canyon et les demeures. Ils randonnent pendant deux heures, entrecoupées de quelques averses, qui nourrissent le rhume que papa C traîne depuis l'avion (je ne sais pas si vous avez remarqué, papa C est toujours malade en Amérique).


 
La visite effectuée, les C rebroussent chemin vers White Rock, petite ville voisine de Los Alamos, le centre de recherche où fut conçue la bombe atomique. Le centre de recherche est toujours actif, et la région est fermée de barbelés, des panneaux indiquent la présence de mines, et le soir, des hélicoptères volent bas, autour de la zone. Au milieu des montagnes désert, ça a un petit côté X-Files qui plait à papa C.

White Rock est une charmante (mais petite) bourgade, l'hôtel est parfait, mais le restaurant conseillé par la tenancière est fermé le Lundi. Les C font le tour de la ville (en 5 minutes), le refont, interrogent un local, qui leur avoue ne pas connaître de restaurant. Nos héros aboutissent donc chez Smith, le magasin général du pays, où il achètent des soupes qu'ils se cuisineront au micro-onde de leur hôtel.

Ce soir, White Rock est une ville fantôme : il y a du vent, on annonce de la neige, et comme le décalage horaire se rappelle à leur bon souvenir, les C s'endorment du sommeil du juste, fier du devoir touristique accompli.






dimanche 18 février 2018

Premier jour - The 24 hour joyride - 24 heures de croisière

A force d'être répétées, certaines choses deviennent des manies, voire des rites. C'est le cas du départ des C en Amérique. Leur avion décollant en fin de matinée, ils se lèvent très tôt, Mamie C les emmène à la gare, où ils prennent un train, un RER, un second RER et arrivent à l'aéroport avec plusieurs heures d'avance, vu que papa C prétend ne "jamais rater un avion" (ce qui n'est pas exact, mais il ne faut pas le dire).
 
Pour ce voyage, le rite ne sera pas respecté, la compagnie ferroviaire ayant décidé qu'un week-end de départ en vacances scolaires étant un excellent moment pour fermer la liaison entre Paris et Roissy. Même si une liaison par autobus, au départ de Mitry Mory, était assurée, les C ont décidé de jouer la sécurité, et ont commandé un taxi.

Ils se lèvent un peu plus tard que prévu (vers cinq heures), prennent le taxi avec une marge de sécurité (on ne se refait pas), et arrivent à l'aéroport en avance (idem).

L'enregistrement et le contrôle de sécurité expédiés, les C attendent, attendent, attendent... Dehors, il fait mauvais.



L'embarquement a enfin lieu, en présence d'une équipe de sécurité qui semble chercher quelque chose. Nos héros étant au fond de l'avion ils embarquent à la fin, et Papa C, qui a toujours de la chance avec les douaniers, fait l'objet d'un contrôle : chaussures, bagages, palpation.

L'avion est enfin plein, le commandant de bord annonce qu'on part immédiatement, et effectivement, l'avion se met à rouler, à rouler, à rouler... La promenade dure près d'une demi heure, on visite l'aéroport, s'arrête, repart, tourne, roule, avance, attend. Le commandant de bord donne bientôt la réponse, il faut dégivrer les ailes. Les C décollent donc avec deux heures de retard, qui seront partiellement rattrapées pendant le voyage.

Le vol est long. Et passe très au nord, par le Groenland, la terre de Baffin, la baie d'Hudson, et les riantes plaines du nord du Manitoba.



L'avion est plein de polonais qui vont à Las Vegas, et se révèlent à la hauteur des stéréotypes les concernant. Au fond de la cabine, juste derrière les C, un petit groupe s'est formé, qui parle fort, boit ferme, rit gras, chante parfois et importune les passagères qui vont aux toilettes.

L'hôtesse met fin à ces réjouissance avec le service du second repas. Mais la nature reprend le dessus : juste avant l'atterrissage, un passager resté dans ce bar improvisé, devra être convaincu un peu fermement d'aller s'asseoir et s'attacher.

L'avion descend, ça bouge, Maman C est toute pâle, et on atterrit à Salt Lake City, où il neige. Le transit est plutôt facile. Les C, installés au fond, sont sortis les derniers de l'avion, et font la queue derrière une meute de polonais quand un douanier leur fait obligeamment remarquer que leur passeport biométrique, leur ESTA et leurs visites récentes aux USA leur permettent de couper la file de vérification des passeports. Quand ils déclarent aller en vacances à Albuquerque, l'officier d'immigration les gratifie d'un haussement de sourcils. Ca commence bien... 

Puis, récupération des bagages, renvoi des bagages, sécurité, et nos héros se retrouvent à attendre, au bout de la salle d'embarquement, le vol d'Albuquerque. Comme de bien entendu, on dégivre l'avion, qui décolle en plein orage, ce qui soumet à nouveau l'estomac de maman C aux pires souffrances.

L'atterrissage est plus facile, et nos héros débarquent dans un petit aéroport décoré en style local, qui rappelle furieusement à papa C El Rancho, une chaîne de restaurants Tex-Mex de sa jeunesse... Ils récupèrent leur voiture de location, se perdent un peu en cherchant l'hôtel, le trouvent, et s'effondrent après 24 heures de plaisirs aériens.




samedi 17 février 2018

Prélude - Que d'eau!

C'était un hiver pluvieux. Il pleuvait tous les jours, le matin, le midi, la nuit. Les douves de Château-C débordaient, la rivière au fond du jardin était en crue permanente et l'île déserte sur l'autre rive prenait des airs de lagune. Et comme on était en hiver, et qu'il pleuvait, les journées, déjà courtes, étaient grises.

Il y avait bien eu quelques jours de neige, puis du ciel bleu et de beaux paysages, mais le redoux était venu, la neige avait fondu, et la pluie recommencé. Et la grisaille extérieure, qui fermait le potager et interdisait les sorties, déprimait maman C.

"Ca ne peut plus continuer ainsi, dit-elle un soir à papa C. Il nous faut du soleil, du temps sec et des grands espaces."

Papa C réfléchit. Les prochaines vacances, c'était Février. Un séjour au ski, avec de la neige, des meutes de citadins au pied des remonte pentes et du beau temps non garanti ne conviendrait ni à maman C., ni à ce blog intitulé "les C en Amérique". Papa C, peu imaginatif, proposa donc... l'Amérique.

"L'Amérique d'accord, mais avec du soleil et au sec!"

Papa C se mit donc en quête de déserts ensoleillés, se prit à rêver de vestes à franges et de bottes en cuir de couleur, s'écria "yeehaaa", réserva un aller pour Albuquerque et un retour de Las Végas, acheta des guides et des atlas, et commanda une voiture et une première nuit d'hôtel. Les C allaient repartir en Amérique.

Un mois a passé, les valises sont prêtes, ils s'en vont demain matin...

Il flotte sur Château-C un parfum d'aventure.