Aujourd'hui, c'est Dimanche et il pleut. Jusqu'ici, les C ont eu du crachin. Là, c'est du sérieux, avec des gouttes, des flaques, et pas envie de sortir de leur trois pièces jamaïcain. il est donc neuf heures trente, le petit déjeuner est expédié. A en juger par l'odeur de cannabis qui monte de l'escalier, les voisins sont réveillés. Les C sont prêts, et la question est posée : ou va-t-on?
Vu que cela fait trois jours qu'ils vont à Brooklyn, continuer dans ce sens relèverait de l'acharnement. Les autres "boroughs", Queen et le Bronx ne les tenteraient pas par beau temps, alors sous la pluie! Manhattan gagne donc par défaut, et plus précisément Times Square, où se trouve une attraction que maman C a repérée et qui se déroule en intérieur. Les C descendent donc, croisent Maurice, leur propriétaire qui s'inquiète s'ils laissent le chauffage dans la journée. C'est mal connaître maman C: chauffage et clim ont été désactivés le premier jour. Maurice est flabbergasted. Puis les C descendent vers le métro, et y arrivent trempés. Comme on est dimanche, les trains suivent des lignes différentes, et celui des C, au lieu de Times Square, les dépose 45 minutes plus tard à Grand Central, où il pleut à verse, ce qui permet aux C de reprendre un peu l'eau.
L'activité prévue par maman C est parfaitement adaptée à la météo: il s'agit d'une exposition du National Geographic sur le monde aquatique. Dans une série de couloirs et de salles dont les murs sont des écrans vidéos, on voit des fonds marins comme si on y était. Comme l’endroit n’est pas dans les guides (ouvert récemment?), il n'y a pas trop de monde, ce qui est appréciable.
A la sortie, il pleut toujours et il fait faim. Maman C, échaudée par son échec créole, a passé les deux soirées précédentes à compiler des listes de restaurants toujours ouverts et bien notés. Près du musée se trouve Virgil's, un barbecue sudiste, pas très plein car il est une heure et que l'Amérique déjeune tôt. Papa y trouve des ribs et des grits, maman C du saumon et de la salade de pomme de terres, c'est très bon, et il fait chaud, les C sêchent un peu.
A la sortie, il pleut un peu moins, les C se promènent vers Times Square, admirent le Sofitel, of DSK fame. Puis reprennent le métro pour le World Trade Center où se trouve Century 21, un ogrand magasin que maman et les petites C entendent dévaliser. Le lieu est manifestement bien coté par les guides français, à en juger par le nombre de compatriotes qu'on y croise. A part ça, c'est effectivement bon marché, mais surtout très moche, les C ressortent avec un malheureux sac, déçus et en plus il peut. L'aînée des petites C sauve la journée en repérant non loin un H&M de consolation. La carte bleue de papa C est mise à contribution: le moral remonte.
Il est l'heure de rentrer, il pleut toujours, les C s'engouffrent dans une bouche de métro, en bas de laquelle ils trouvent un Dunkin Donut, achètent une douzaine de gâteaux, et rentrent.
dimanche 27 octobre 2019
samedi 26 octobre 2019
Neuvième jour - Hot dogs à la plage
Dans le quartier des C, les poubelles ne semblent pas passer tous les jours. Tous les deux jours non plus, d'ailleurs. En fait, depuis une semaine, des amoncellements de sacs décorent les trottoirs, at embaument le quartier de leur odeur caractéristique. Ce matin, vers huit heures, un camion passe enfin, et embarque le tout. On n'est manifestement pas au pays du tri sélectif. Sous la bow window des C, un lit entier, têtes, pieds et bois est jeté dans la machine, qui le dévore avec de grands craquements.
"- Sic transit...", dit pensivement papa C en sirotant sa root beer.
"- A propos, dit maman C, les grande C nous rejoint à la plage?"
Les plus assidus de nos lecteurs ont probablement remarqué que tout voyage des C en Amérique comporte nécessairement une journée à la plage. Une exception réticente a été accordée par maman C lors du dernier voyage, au motif (douteux) que l'Utah et l'Arizona étaient dépourvus de côtes, mais il est hors de question de laisser cette habitude s'installer. Aussi, comme la météo prévoit du beau temps, Coney Island est au programme de ce samedi. Comme la grande C ne travaille pas, papa C a également prévu de la voir, mais comme la plage ne viendra pas à la grande C, il va falloir qu'elle fasse l'heure et demie de métro qui l'en sépare... Papa C a tout prévu: à Coney Island, il y a Nathan's, la mecque du hotdog, et les préférences alimentaires improbables sont un trait de famille.
- des hotdogs, ma chérie, tu ne peux pas dire non?
- ferventes canes? ok alors!
L'affaire est conclue, on se retrouvera vers midi (vu qu'on est le week-end), et on proposera même aux NF, des amis de la grande C (et professeurs des petites C) de passage à New York. Partis vers 10h30, les C découvrent rapidement les joies du métro dominical. Toutes les lignes pour Coney Island sont interrompues, sauf une, la plus lente (évidemment!) Nos héros suivent donc un interminable périple à travers Brooklyn, qui ne leur rend pas cette ville plus sympathique. Ils débarquent vers 11h30, Nathan's (world famous frankfurters depuis 1916) est en vue. Comme on est en octobre, la plage est déserte, ce qui a un certain charme.
Les petites C repèrent des montagnes russes, les parents C, pas très motivés, proposent d'attendre la grande C. Elle arrive, les montagnes sont escaladées, puis descendues nettement plus vite, l'ainée des petites C est ravie, on s'achemine vers Nathan's. Les C commandent, puis mangent leur hotdogs dans un silence religieux. Ainsi lestés, une promenade digestive s'impose. On longe donc la plage vide, au bord de laquelle s'étendent anciennes attractions et casinos. C'est très dépaysant.
Une heure plus tard, les amis de la grande C arrivent. Comme, ils n'ont pas encore déjeuné, ils découvriront eux aussi Nathan's. Les C les regardent manger, ils digèrent toujours leurs hotdogs.... Puis tout le monde longe la plage en direction de Brighton Beach, le quartier russe. Les affichages se font bilingues, au bord de la promenade, on commence à voir de grands restaurants, aux terrasses desquels des groupes en bras de chemise boivent et parlent fort. Un peu plus loin, sur un banc, un monsieur à l'allure distinguée joue de l'accordéon et chante, repris en choeur par une vieille dame. Le dépaysement est total. On arrive ainsi au bout de la plage, où l'on voit quelques belles maisons. Les C prennent vers l'intérieur des terres, longent un boulevard parfaitement russe, et reprennent le métro pour un long périple à travers Brooklyn.
"- Sic transit...", dit pensivement papa C en sirotant sa root beer.
"- A propos, dit maman C, les grande C nous rejoint à la plage?"
Les plus assidus de nos lecteurs ont probablement remarqué que tout voyage des C en Amérique comporte nécessairement une journée à la plage. Une exception réticente a été accordée par maman C lors du dernier voyage, au motif (douteux) que l'Utah et l'Arizona étaient dépourvus de côtes, mais il est hors de question de laisser cette habitude s'installer. Aussi, comme la météo prévoit du beau temps, Coney Island est au programme de ce samedi. Comme la grande C ne travaille pas, papa C a également prévu de la voir, mais comme la plage ne viendra pas à la grande C, il va falloir qu'elle fasse l'heure et demie de métro qui l'en sépare... Papa C a tout prévu: à Coney Island, il y a Nathan's, la mecque du hotdog, et les préférences alimentaires improbables sont un trait de famille.
- des hotdogs, ma chérie, tu ne peux pas dire non?
- ferventes canes? ok alors!
L'affaire est conclue, on se retrouvera vers midi (vu qu'on est le week-end), et on proposera même aux NF, des amis de la grande C (et professeurs des petites C) de passage à New York. Partis vers 10h30, les C découvrent rapidement les joies du métro dominical. Toutes les lignes pour Coney Island sont interrompues, sauf une, la plus lente (évidemment!) Nos héros suivent donc un interminable périple à travers Brooklyn, qui ne leur rend pas cette ville plus sympathique. Ils débarquent vers 11h30, Nathan's (world famous frankfurters depuis 1916) est en vue. Comme on est en octobre, la plage est déserte, ce qui a un certain charme.
Les petites C repèrent des montagnes russes, les parents C, pas très motivés, proposent d'attendre la grande C. Elle arrive, les montagnes sont escaladées, puis descendues nettement plus vite, l'ainée des petites C est ravie, on s'achemine vers Nathan's. Les C commandent, puis mangent leur hotdogs dans un silence religieux. Ainsi lestés, une promenade digestive s'impose. On longe donc la plage vide, au bord de laquelle s'étendent anciennes attractions et casinos. C'est très dépaysant.
Une heure plus tard, les amis de la grande C arrivent. Comme, ils n'ont pas encore déjeuné, ils découvriront eux aussi Nathan's. Les C les regardent manger, ils digèrent toujours leurs hotdogs.... Puis tout le monde longe la plage en direction de Brighton Beach, le quartier russe. Les affichages se font bilingues, au bord de la promenade, on commence à voir de grands restaurants, aux terrasses desquels des groupes en bras de chemise boivent et parlent fort. Un peu plus loin, sur un banc, un monsieur à l'allure distinguée joue de l'accordéon et chante, repris en choeur par une vieille dame. Le dépaysement est total. On arrive ainsi au bout de la plage, où l'on voit quelques belles maisons. Les C prennent vers l'intérieur des terres, longent un boulevard parfaitement russe, et reprennent le métro pour un long périple à travers Brooklyn.
vendredi 25 octobre 2019
Huitième jour - Brooklyn, Gound Zero et le restaurant créole de maman C
La tentative de réconciliation des C avec Brooklyn a échoué hier, mais nos héros sont têtus, et c'est donc pour Brooklyn qu'ils repartent ce matin. Le guide de maman C fait état de belles maisons dans un quartier qui jouxte Prospect park, les C y vont et découvrent effectivement quelques rues nettement plus sympathiques que ce à quoi ils sont habitués.
A l'approche d'Halloween, il y a manifestement une compétition entre voisins sur la décoration de facades. Ca va de light (trois citrouilles), à médium (trois citrouilles, des toiles d'araignée et des têtes de mort) à extra-large avec supplément bacon, chili et fromage fondu.
Mais le quartier est assez petit, et les C retombent vite dans le Brooklyn qu'ils connaissant.
La prochaine étape est Brooklyn Heights, un des quartiers boboïsés qui bordent Manhattan. Les C y visitent le musée du métro, dans une ancienne station d'icelui. C'est très varié, avec des cartes, des panneaux d'affichage, des photos du creusement des lignes, et une jolie collection de métros de 1900 à nos jours.
Après le musée, il est temps de déjeuner, et papa C sent qu'il est nécessaire de se faire pardonner les échecs des jours précédents. On avance dans le quartier branché, direction les quais. Aux briques brunes près, on pourrait être dans n'importe quel centre ville européen. Maman C a repéré un restaurant créole, mais comme il est un peu loin, les C se rabattent sur un café qui sert des salades et des rigatonis. C'est frais et très bon, le lieu est sympathique, et ça reste un des meilleurs repas des C à ce jour. C'est aussi cher et peu copieux: on est dans un quartier branché... Non loin de là, on trouve les quais, d'où on a une belle vue sur Manhattan, et où il y a des parcs avec des chinois qui font des photos de mariage.
Puis, les C se perdent un peu dans les échangeurs, et atteignent le pont de Brooklyn, qu'ils traversent. C'est moins plein qu'en été, mais il y a du monde. La partie supérieure du pont est réservée aux piétons et aux vélos. Les cyclistes New Yorkais sont comme les parisiens: bien qu'il y ait sur le pont un vélo pour cinq cents piétons, ils ont du mal à comprendre qu'on ne leur laisse pas la priorité, ou qu'on ne leur réserve pas la moitié de la chaussée. Alors ils pédalent, sonnent, crient et roulent des yeux exaspérés, dans l'indifférence générale des touristes. Vu qu'il y a un pont sans touriste à cent mètres, Papa C a du mal à les plaindre, et se dit que décidément le vélo attire les self-righteous grincheux.
Le pont traversé, les C vont au World Trade Center visiter le mémorial. Le mémorial et le musée sont sous terre, sur l'emplacement des fondations des deux tours. C'est un musée à l'américaine, qu'il faut plusieurs heures pour visiter.
Les C en ressortent à la nuit tombante, et repartent vers Brooklyn. Maman C veut son créole, on descend donc à Atlantic, devant un stade où se dispute un match de basket entre New York et Brooklyn, toute la jeunesse locale est là, dans une ambiance sympathique. Les C remontent un boulevard à la recherche du restaurant créole, pour finir devant un panneau "à louer", le guide de maman C date un peu... Heureusement, un Whole Foods est juste en face, qui leur tend les bras, ils achètent le nécessaire et rentrent chez eux. Dans le métro, papa C tombe sur cette étonnant affiche, en anglais et créole (il faut un petit moment pour comprendre que la partie inférieure est un langage dérivé du français).
A l'approche d'Halloween, il y a manifestement une compétition entre voisins sur la décoration de facades. Ca va de light (trois citrouilles), à médium (trois citrouilles, des toiles d'araignée et des têtes de mort) à extra-large avec supplément bacon, chili et fromage fondu.
Mais le quartier est assez petit, et les C retombent vite dans le Brooklyn qu'ils connaissant.
La prochaine étape est Brooklyn Heights, un des quartiers boboïsés qui bordent Manhattan. Les C y visitent le musée du métro, dans une ancienne station d'icelui. C'est très varié, avec des cartes, des panneaux d'affichage, des photos du creusement des lignes, et une jolie collection de métros de 1900 à nos jours.
Après le musée, il est temps de déjeuner, et papa C sent qu'il est nécessaire de se faire pardonner les échecs des jours précédents. On avance dans le quartier branché, direction les quais. Aux briques brunes près, on pourrait être dans n'importe quel centre ville européen. Maman C a repéré un restaurant créole, mais comme il est un peu loin, les C se rabattent sur un café qui sert des salades et des rigatonis. C'est frais et très bon, le lieu est sympathique, et ça reste un des meilleurs repas des C à ce jour. C'est aussi cher et peu copieux: on est dans un quartier branché... Non loin de là, on trouve les quais, d'où on a une belle vue sur Manhattan, et où il y a des parcs avec des chinois qui font des photos de mariage.
Puis, les C se perdent un peu dans les échangeurs, et atteignent le pont de Brooklyn, qu'ils traversent. C'est moins plein qu'en été, mais il y a du monde. La partie supérieure du pont est réservée aux piétons et aux vélos. Les cyclistes New Yorkais sont comme les parisiens: bien qu'il y ait sur le pont un vélo pour cinq cents piétons, ils ont du mal à comprendre qu'on ne leur laisse pas la priorité, ou qu'on ne leur réserve pas la moitié de la chaussée. Alors ils pédalent, sonnent, crient et roulent des yeux exaspérés, dans l'indifférence générale des touristes. Vu qu'il y a un pont sans touriste à cent mètres, Papa C a du mal à les plaindre, et se dit que décidément le vélo attire les self-righteous grincheux.
Le pont traversé, les C vont au World Trade Center visiter le mémorial. Le mémorial et le musée sont sous terre, sur l'emplacement des fondations des deux tours. C'est un musée à l'américaine, qu'il faut plusieurs heures pour visiter.
Les C en ressortent à la nuit tombante, et repartent vers Brooklyn. Maman C veut son créole, on descend donc à Atlantic, devant un stade où se dispute un match de basket entre New York et Brooklyn, toute la jeunesse locale est là, dans une ambiance sympathique. Les C remontent un boulevard à la recherche du restaurant créole, pour finir devant un panneau "à louer", le guide de maman C date un peu... Heureusement, un Whole Foods est juste en face, qui leur tend les bras, ils achètent le nécessaire et rentrent chez eux. Dans le métro, papa C tombe sur cette étonnant affiche, en anglais et créole (il faut un petit moment pour comprendre que la partie inférieure est un langage dérivé du français).
jeudi 24 octobre 2019
Septième jour - Brooklyn bad
Les C habitent Brooklyn, le quartier de Crown Heights pour être précis. C'est typique, on ne s'y sent pas spécialement en insécurité (sachant que les C ne sortent pas la nuit), mais ca ne fait pas vraiment rêver. Il y a des maisons basses, des briques marron, mais tout y est un peu sale, et aucun restaurant à proximité ne fait envie. En dehors des quartier branchés qui jouxtent Manhattan, Brooklyn ressemble à une banlieue dortoir.
Les guides de maman C annoncent pourtant des attractions. Aussi, ce matin, les C, un rameau d'olivier à la main, tentent une visite du Brooklyn culturel, le jardin botanique, le musée et Prospect park. Comme ce n'est pas très loin, on peut partir un peu plus tard, ce qui est appréciable.
Comme il ouvre plus tôt, le jardin botanique est la première étape. Lors de leur premier voyage, les C y étaient allés un après midi de fin de semaine, et c'était bien, mais plein. Cette fois, en dehors de quelques classes, c'est vide, et les C passent un agréable moment entre les fleurs, les serres, les roses et les arbres.
Ils sortent du parc vers midi, et se mettent en quête d'un restaurant. Le portable de l'aînée des petites C indique une rue commerçante où l'on trouve un dinner et commande salades et sandwiches. Le lieu est typique, et la nourriture infâme. C'est gras, salé, et indigeste. Papa C, le seul à finir sa portion, mettra la journée éliminer son wrap. Heureusement, le serveur se trompe dans l'addition, ce qui fera de ce repas peu mémorable un des moins chers. Les C ont décidément du mal avec la cuisine new yorkaise... (ils avaient bien mangé, ailleurs en Amérique).
Le musée de Brooklyn est à quelques centaines de mètres. C'est un gros bâtiment de style classique, avec une jolie place devant, sympathiquement défigurée par une entrée contemporaine (verre et métal, formes rondes pas du tout dans le style). Les guides expliquent qu'il faut visiter en descendant, du cinquième au premier étage. Les C montent donc au cinquième.
Le cinquième étage est consacré à la peinture américaine, on y voit des portraits et des paysages, du 19ème à nos jours. Le quatrième contient quelques intérieurs américains de la période coloniale et de l'indépendance. Le reste de l'étage est consacrée à une exposition d'art féministe, surtout féministe. Comme tout l'art engagé c'est pontifiant, ennuyeux, et un rien dictatorial (on sent qu'il ne fait pas bon critiquer, ou avoir une opinion différente de celle des panneaux explicatifs, généralement plus grand que les oeuvres). Le clou de l'exposition est "the dinner party", une grande table triangulaire, avec des noms de convives femmes célèbres brodées sur la nappe, et des assiettes armoriées représentant... des foufounes stylisées.
Le troisième étage contient une collection égyptienne moins spectaculaire que celle des grands musées (pas de grosse pièce) mais très fournie. Ici et là, des panneaux éducatifs à vocation inclusive égaient le parcours. Sur l'un, on apprend que l'Egypte était une civilisation africaine, que c'est un fait scientifique (papa C aurait dit géographique, mais la nuance semble avoir son importante), et qu'il est important de le clamer haut et fort. L'autre, intitulé "Transidentité en Egypte Ancienne", explique que lors de la réincarnation, les Egyptiens pensaient que les femmes devenaient hommes puis redevenaient femmes. Présentée comme une victoire de la recherche féministe, cette découverte occupe un demi mur, qu'il faut lire respectueusement (une surveillante à l'air peu commode y veille).
On passe ensuite à la peinture. Dans une salle aux allures de basilique, une cinquantaine d'oeuvres sont accrochées. Il y a de belles choses, mais un conservateur zélé (ou narquois) s'est senti obligé de glisser des petits maîtres locaux au milieu des grands, ce qui ne leur rend pas service. Comme ça reste assez limité, en dépit des dimensions de la salle, cette partie est vite expédiée, et comme le second étage est fermé pour rénovation, les C sont dehors en une heure et demie, avec l'impression de s'être fait avoir.
La journée se finit à Prospect park, joli jardin avec des pelouses bien vertes, où les locaux promènent leurs chiens ou leurs enfants. Un passage par le Whole Foods pour acheter des salades préparées, et les C rentrent chez eux, toujours pas convaincus pas Brooklyn.
Les guides de maman C annoncent pourtant des attractions. Aussi, ce matin, les C, un rameau d'olivier à la main, tentent une visite du Brooklyn culturel, le jardin botanique, le musée et Prospect park. Comme ce n'est pas très loin, on peut partir un peu plus tard, ce qui est appréciable.
Comme il ouvre plus tôt, le jardin botanique est la première étape. Lors de leur premier voyage, les C y étaient allés un après midi de fin de semaine, et c'était bien, mais plein. Cette fois, en dehors de quelques classes, c'est vide, et les C passent un agréable moment entre les fleurs, les serres, les roses et les arbres.
Ils sortent du parc vers midi, et se mettent en quête d'un restaurant. Le portable de l'aînée des petites C indique une rue commerçante où l'on trouve un dinner et commande salades et sandwiches. Le lieu est typique, et la nourriture infâme. C'est gras, salé, et indigeste. Papa C, le seul à finir sa portion, mettra la journée éliminer son wrap. Heureusement, le serveur se trompe dans l'addition, ce qui fera de ce repas peu mémorable un des moins chers. Les C ont décidément du mal avec la cuisine new yorkaise... (ils avaient bien mangé, ailleurs en Amérique).
Le musée de Brooklyn est à quelques centaines de mètres. C'est un gros bâtiment de style classique, avec une jolie place devant, sympathiquement défigurée par une entrée contemporaine (verre et métal, formes rondes pas du tout dans le style). Les guides expliquent qu'il faut visiter en descendant, du cinquième au premier étage. Les C montent donc au cinquième.
Le cinquième étage est consacré à la peinture américaine, on y voit des portraits et des paysages, du 19ème à nos jours. Le quatrième contient quelques intérieurs américains de la période coloniale et de l'indépendance. Le reste de l'étage est consacrée à une exposition d'art féministe, surtout féministe. Comme tout l'art engagé c'est pontifiant, ennuyeux, et un rien dictatorial (on sent qu'il ne fait pas bon critiquer, ou avoir une opinion différente de celle des panneaux explicatifs, généralement plus grand que les oeuvres). Le clou de l'exposition est "the dinner party", une grande table triangulaire, avec des noms de convives femmes célèbres brodées sur la nappe, et des assiettes armoriées représentant... des foufounes stylisées.
Le troisième étage contient une collection égyptienne moins spectaculaire que celle des grands musées (pas de grosse pièce) mais très fournie. Ici et là, des panneaux éducatifs à vocation inclusive égaient le parcours. Sur l'un, on apprend que l'Egypte était une civilisation africaine, que c'est un fait scientifique (papa C aurait dit géographique, mais la nuance semble avoir son importante), et qu'il est important de le clamer haut et fort. L'autre, intitulé "Transidentité en Egypte Ancienne", explique que lors de la réincarnation, les Egyptiens pensaient que les femmes devenaient hommes puis redevenaient femmes. Présentée comme une victoire de la recherche féministe, cette découverte occupe un demi mur, qu'il faut lire respectueusement (une surveillante à l'air peu commode y veille).
On passe ensuite à la peinture. Dans une salle aux allures de basilique, une cinquantaine d'oeuvres sont accrochées. Il y a de belles choses, mais un conservateur zélé (ou narquois) s'est senti obligé de glisser des petits maîtres locaux au milieu des grands, ce qui ne leur rend pas service. Comme ça reste assez limité, en dépit des dimensions de la salle, cette partie est vite expédiée, et comme le second étage est fermé pour rénovation, les C sont dehors en une heure et demie, avec l'impression de s'être fait avoir.
La journée se finit à Prospect park, joli jardin avec des pelouses bien vertes, où les locaux promènent leurs chiens ou leurs enfants. Un passage par le Whole Foods pour acheter des salades préparées, et les C rentrent chez eux, toujours pas convaincus pas Brooklyn.
mercredi 23 octobre 2019
Sixième jour - Top to central
Nouveau jour de beau temps, les C ont prévu l'affaire, et réservé pour 9h25 au Top of the Rock, la terrasse au sommet du Rockefeller Center. Comme toujours, papa C a peur d'être en retard, ce qui les fait arriver en avance, mais le portier est compréhensif et les laisse monter avant l'heure prévue. Maman C (et tout particulièrement son estomac délicat) était très inquiète à la perspective de la montée en ascenseur. C'est en fait assez facile, en dehors des oreilles qui se bouchent, l'accélération est bien dosée. Au sommet, un employé leur dit "enjoy" pour la première fois de la journée.
Le sommet du Rockefeller Center est composé de trois terrasses successives. Sur la première, des panneaux de plastique découragent les candidats au suicide, il faut donc photographier entre, ce qui donne des scènes un peu cocasses de touristes faisant la queue devant une meurtrière, à coté d'un grand panneau transparent (ce qui compte, ce n'est pas la vue, mais la photo). Il faut très beau, la vue est excellente, et comme c'est une attraction américaine, on reste autant qu'on veut, et les C ne se privent pas. Comme la terrasse est pleine de touristes, le spectacle est aussi dans la salle, avec les séances photos et poses improbables.
En bas du Top, les C vont voir Times Square, et visitent l'étrange Ripley believe it or not museum, une successions de curiosités qui vont des statues de super héros en pneus, aux têtes réduites de Jivaros, en passant par des illusions d'optique et des tableaux de Darth Vader en touches de machines à écrire. C'est kitsch à souhait, avec la bonne dose de grand guignol et de mauvais goût, et comme le lieu ne figure pas sur les guides et qu'on est en semaine, c'est désert. (Ci dessous, et dans l'ordre, une oeuvre "steampunk" en allumettes, le masque mortuaire de Napoléon, un veau a deux têtes empaillé, une tête Jivaro, et Vador en machine à écrire).
Ils en sortent vers midi trente, et ces émotions leur ont donné faim. Ils trouvent l'Applebee de Time Square, étrangement calme après le bruit de la rue. C'est un peu cher, on est à Times Square, mais bon, et plus que plantureux. Après déjeuner, papa C rend visite à d'anciens collègues, pendant que maman et les petites shoppent. Cette répartition sexiste des rôles, où papa networke tandis que maman shoppe, semble satisfaire tout le monde. Plus tard, les C se retrouvent devant la Trump towers, où l'on voit des manifestants et un personnage déguisé en Donald (Trump, pas Duck) qui tente d'entrer et se fait refouler par la sécurité, pour le plus grand plaisir des touristes. Ils continuent vers Central Park, qu'il serait criminel de ne pas visiter par un aussi beau temps.
Lors de leur précédent voyage, les C, logés haut dans Upper West Side, avaient surtout vu le nord du parc. Ils visitent avec intérêt le sud, puis reprennent un métro et rentrent dîner à Brooklyn.
Le sommet du Rockefeller Center est composé de trois terrasses successives. Sur la première, des panneaux de plastique découragent les candidats au suicide, il faut donc photographier entre, ce qui donne des scènes un peu cocasses de touristes faisant la queue devant une meurtrière, à coté d'un grand panneau transparent (ce qui compte, ce n'est pas la vue, mais la photo). Il faut très beau, la vue est excellente, et comme c'est une attraction américaine, on reste autant qu'on veut, et les C ne se privent pas. Comme la terrasse est pleine de touristes, le spectacle est aussi dans la salle, avec les séances photos et poses improbables.
En bas du Top, les C vont voir Times Square, et visitent l'étrange Ripley believe it or not museum, une successions de curiosités qui vont des statues de super héros en pneus, aux têtes réduites de Jivaros, en passant par des illusions d'optique et des tableaux de Darth Vader en touches de machines à écrire. C'est kitsch à souhait, avec la bonne dose de grand guignol et de mauvais goût, et comme le lieu ne figure pas sur les guides et qu'on est en semaine, c'est désert. (Ci dessous, et dans l'ordre, une oeuvre "steampunk" en allumettes, le masque mortuaire de Napoléon, un veau a deux têtes empaillé, une tête Jivaro, et Vador en machine à écrire).
Ils en sortent vers midi trente, et ces émotions leur ont donné faim. Ils trouvent l'Applebee de Time Square, étrangement calme après le bruit de la rue. C'est un peu cher, on est à Times Square, mais bon, et plus que plantureux. Après déjeuner, papa C rend visite à d'anciens collègues, pendant que maman et les petites shoppent. Cette répartition sexiste des rôles, où papa networke tandis que maman shoppe, semble satisfaire tout le monde. Plus tard, les C se retrouvent devant la Trump towers, où l'on voit des manifestants et un personnage déguisé en Donald (Trump, pas Duck) qui tente d'entrer et se fait refouler par la sécurité, pour le plus grand plaisir des touristes. Ils continuent vers Central Park, qu'il serait criminel de ne pas visiter par un aussi beau temps.
Lors de leur précédent voyage, les C, logés haut dans Upper West Side, avaient surtout vu le nord du parc. Ils visitent avec intérêt le sud, puis reprennent un métro et rentrent dîner à Brooklyn.
mardi 22 octobre 2019
Cinquième jour - Les C au bureau
Bien que les C soient en vacances, papa C travaille en contrebande. Le soir et le matin, il communique avec ses collègues parisiens, et ce matin, comme il ne fait pas beau, il a décidé de passer au bureau de New York, voir d'autres collègues. Comme le bureau est dans le quartier des magasins, et qu'il dispose d'une cantine et d'un rooftop, maman et les petites C sont rapidement convaincues: elles iront faire des courses, puis rejoindront papa C pour déjeuner.
Le départ est un peu plus tardif que d'habitude, mine de rien, les journées précédentes ont été fatigantes. Vers 10h, papa C abandonne sa famille devant le bureau, et monte causer mathématiques avec son ami L. La matinée se passe en réunions, puis vers midi trente, maman C signale qu'elle attend en bas de l'immeuble. Papa C descend, retrouve sa famille chargée de sacs de courses, l'enregistre, et monte au restaurant où ils retrouvent L. Les petites C se régalent, maman C avouera qu'elle regrette de ne s'être pas resservie une troisième fois, papa C parle de maths: tout va bien.
Après déjeuner, les C admirent la vue du toit du bureau, puis redescendent au marchand de glaces (toujours au bureau). A la surprise générale, les petites C refusent, et déclarent qu'elles n'ont plus faim. C'est du jamais vu. Papa C a une dernière réunion, le reste de la famille digère sur un canapé, puis redescend. Dehors il fait gris, le sommet des tours disparait dans les nuages, il pleut par moments. Les C remontent vers Times Square, puis vont au Rockefeller Center pour prendre leurs billets pour le sommet de la tour, le lendemain (où du beau temps est annoncé).
Puis rentrent, dînent et se couchent tôt. C'était une petite journée.
lundi 21 octobre 2019
Quatrième jour - En bateaux
Le climat d'automne New Yorkais semble une alternance de beau et de yeurk. Comme aujourd'hui c'est beau, et que les C ont mal aux pieds, il est décidé que la matinée sera passée assise. Les C partent tôt, font leur 40 minutes de métro réglementaires (Stand clEAr of the clOsing doors!), arrivent à Times Square puis marchent vers les quais de l'Hudson, au milieu d'une procession de touristes qui vont tous au même endroit. La circle line est un bateau mouche kingsize, qui fait en deux heures et demie le tour de Manhattan. Les C s'installent à l'extérieur, sur le pont, au soleil mais sous le vent.
Comme le bateau est assez plein, que les C sont assis du côté opposé à Manhattan et que les passagers se lèvent pour prendre des photos, celles-ci immortalisent surtout les autres passagers (sur fond de gratte ciel ou de pont). Papa C prend la photo contractuelle de la Statue de la Liberté, pendant que le guide, qui parlera 2h30 sans interruption, assomme le touriste sous une avalanche de détails techniques (de la section des poutrelles au prénom des petites Bartholdy, tout y passe).
Le trajet part de l'Husdon, vers midtown, et descend vers la stature pour remonter l'East river. Les ponts de Brooklyn passés, l'hystérie photographique se calme, et la visite devient plus intéressante, car on voit des lieux qu'on ne visite pas habituellement.
Comme le bateau est assez plein, que les C sont assis du côté opposé à Manhattan et que les passagers se lèvent pour prendre des photos, celles-ci immortalisent surtout les autres passagers (sur fond de gratte ciel ou de pont). Papa C prend la photo contractuelle de la Statue de la Liberté, pendant que le guide, qui parlera 2h30 sans interruption, assomme le touriste sous une avalanche de détails techniques (de la section des poutrelles au prénom des petites Bartholdy, tout y passe).
Le trajet part de l'Husdon, vers midtown, et descend vers la stature pour remonter l'East river. Les ponts de Brooklyn passés, l'hystérie photographique se calme, et la visite devient plus intéressante, car on voit des lieux qu'on ne visite pas habituellement.
La visite terminé, les C accostent, débarquent, n'achètent pas le montage photo souvenir, et se mettent en quête d'un restaurant. S'ils ont jusqu'ici fait un sans faute alimentaire, leur chance tourne ce midi. Le lieu avait l'air pourtant l'air raisonnable, bien situé, enseigne engageante, apparemment, spacieux. Mais sitôt installés, la caractère désert du lieu et une petite odeur d'huile tiède leur montrent qu'ils se sont fourvoyés. Il est trop tard pour fuir, le patron, sourire engageant mais pas commode, leur tend des menus. Les C commandent, la mort dans l'âme, un hamburger, des chicken wings, un roll, et autres landmarks de la gastronomie New Yorkaise. La saveur est à l'avenant, salée et grasse. Ce rapide déjeuner expédié, pour un budget défiant toute concurrence, les C repartent vers les quais où les attend leur prochaine visite.
Les plus assidus de nos lecteurs se souviendront qu'à Charleston, en 2017, la visite du Yorktown (CV-10) avait fait l'unanimité (assez inattendue). En 2018, il n'avait pas été possible de visiter un porte-avion, vu qu'on était dans l'Utah), mais ce n'était que partie remise. L'Intrepid (CV-11) étant à amarré à New York, la visite s'imposait. (Pour mémoire, le suivant sur la liste, CV-12, est le Hornet II, qui se trouve à Alameda, dans la baie de San Francisco).
Comme on est en semaine, et que l'Intrepid ne figure pas sur la liste des choses à voir à New York, il n'y a pas grand monde, ce qui est agréableLa partir visitable du porte-avions est moins importante que pour le Yorktown, mais on peut voir une belle collections d'avions (notamment un Avenger) et l'Enterprise, le prototype de la première navette spatiale. Et la vue des gratte ciel dans les hublots de la passerelle est fascinante.
Après le porte avion, on visite un sous marin, le Growler, spectaculaire par l'absence d'espace à bord. Puis les C rentrent vers Brooklyn, dinent dans un restaurant jamaicain (très épicé, très bruyant), et rentrent se coucher à neuf heures.
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