lundi 26 février 2018

Neuvième jour - Neige et cailloux

Avant de commencer ce voyage, papa et maman C s'étaient entendu sur un mode opératoire. Désormais, on conduisait le matin, pour épargner à maman C les longs trajets le soir, parfois de nuit, pour rallier l'étape du lendemain. Jusqu'ici, ce programme a été peu respecté.

"Ca ne peut plus durer" a dit hier soir papa C (c'est chez lui un tic de langage), "demain matin nous allons à Bryce Canyon, et demain soir nous y  dormons!".

En fait, il se trouve que le grand hôtel à la sortie du parc fait en cette saison des promotions que les petites C, si elles n'avaient pas l'excellente éducation dispensée par maman C, n'hésiteraient pas à qualifier de "graves de ouf". Bryce est une destination très courue, l'hôtel est immense, et en cette saison à peu près vide. Le respect du programme, chez papa C, coïncide donc avec celui de son portefeuille.

Quoi qu'il en soit, après un solide petit déjeuner, nos héros embarquent dans leur Nissan formerly noire, dont le côté conducteur arbore désormais de belles éclaboussures de neige salée, et le côté passager un mélange de poussière rouge de trois états et six parcs et monuments nationaux, quittent leur hôtel et se retrouvent sur l'autoroute qui le jouxte. Quelques kilomètres plus loin, ils abandonnent l'autoroute pour une route de montagne. Richfield est dans la vallée, Bryce culmine à plus de 2 800 mètres, ça va grimper.

Maman C, désormais rompue à la conduite en montagne et par tout temps, expédie aisément les 120 miles, et en fin de matinée, les C atterrissent à Bryce, sous le soleil et la neige.



La suite des opération se déroule selon une mécanique désormais parfaitement huilée:
- les C se garent
- ils cherchent les toilettes
- puis le visitor center
- maman C va faire des emplettes (depuis qu'elles est revenue, aux Arches, après la fermeture, cette étape indispensable a lieu avant toute tentative de visite)
- Papa C va voir les rangers pour avoir une carte, et la liste des promenades à faire
- les C recherchent un lieu pour pique niquer

Comme Chelly, Bryce est un parc où l'on arrive au sommet, et où les promenades consistent à descendre dans le canyon. Celle recommandée par les rangers étant un peu longue, les C décident de déjeuner d'abord, près du point de départ de leur randonnée. Sous le soleil du matin, et avec la neige, la vue y est superbe.


Le déjeuner expédié, ils descendent dans le canyon, sur un chemin enneigé. Le paysage est un mélange de montagne


et de désert


Certains rochers ont des noms, les C voient notamment la reine Victoria :


Puis, la descente se poursuit, dans un petit vallon, bordé de pin, sur la neige, il ne manque que des traces de ski de fond. Au bout du chemin, les C poussent jusqu'au sentier où l'on remonte en été, au fond d'une étroite gorge. Celle ci est fermée en hiver, pour cause de glace et de chutes de pierres.


Puis les C remontent par un raidillon enneigé, et comprennent pourquoi les rangers leur ont conseillé de faire le parcours dans ce sens.

Revenus au plafond des vaches, les C contemplent le paysage, puis reprennent la voiture pour aller voir les autres points de vue du parc.


Retour au point de départ au coucher du soleil, quelques photos encore.

 

Les C sortent du parc, et trouvent leur hôtel, gros machin touristique, avec une cheminée dans l'entrée, au dessus de laquelle trône une tête de caribou. En cette saison, c'est un peu désert, et donc pas très chaleureux, mais c'est bien situé, et ils sont fatigués.


dimanche 25 février 2018

Huitième jour - Les C chez les gobelins

Green River, charmante localité de 500 habitants, est au milieu d'un désert, mais au croisement d'une rivière et d'une autoroute. On y trouve donc une sortie d'autoroute, une rue principale, un temple mormon, des motels, des restaurants et des stations services.


Quelques centaines de mètres plus loin, on sort la ville, et ça devient nettement moins hospitalier.


En suivant l'autoroute, on pourrait atteindre des vallées plus basses, moins arides et habitées, mais ce programme "chinois en autocar" ne saurait contenter les C qui, après le froid, la neige, les déserts, et les villes sans restaurant, se la jouent explorateurs. Ils prennent donc la première route au sud, qui traverse le désert de San Rafael, une des régions les plus désertes du Sud de l'Utah (qui ne brille déjà pas par la densité de sa population).

De vert, le paysage devient jaune, de plus en plus sec, parfaitement désert. En Arizona, on apercevait des campements indiens de temps en temps. Ici, il n'y a rien, ni personne.


Soudain, au milieu du désert apparait une butte, isolée, c'est l'entrée du parc de la vallée des gobelins, le premier objectif de la journée.


L'endroit est parfaitement désert, à la belle saison on peut y camper et dormir dans des yourtes, vu la distance de la civilisation, ça ne doit jamais être bondé. Dans une vallée, un peu plus loin, l'érosion, en creusant le sable, a dégagé des rochers et le sable qui les supporte, en créant d'étranges statues, le fameux "gobelins".


On voit des gobelins trapus ou allongés, seuls ou en groupe, parfois enneigés, le spectacle est assez étonnant, et s'étend sur plusieurs vallées, qui remontent du désert vers des montagnes plus importantes.


Les gobelins vus, les C repartent, à travers le désert, traversent des villes minuscules, et montent vers leur principale visite de la journée, le parc national de Capitol Reef. Très étendu, il protège la chaine de montagnes qui coupe par le milieu le sud de l'Utah.

Pour atteindre le parc, la route suit de longs défilés de montagne, entre des falaises rouges, qui mènent à une vallée enclavée où se trouvait jusqu'au milieu du 20ème siècle la ville de Fruita. Là, une communauté mormon, coupée du monde, cultivait des fruits, et s'est maintenue pendant plus d'un siècle.

Les montagnes sont ici beaucoup plus rocheuses et escarpées que ce qu'on a vu par ailleurs. Pas de rivières ayant creusé le sable, ou de buttes s'élevant au milieu du désert, mais de grandes falaises rouges ou grises.


Les montagnes sont traversées de canyons étroits, au milieu desquels on peut randonner. C'est une ambiance western différente de celle des derniers jours, mais quand même une ambiance western...


Le parc, comme la vallée des gobelins, est à peu près désert, ce qui ne gâte rien. L'après-midi est consacré à la randonnée, en remontant des canyon jusqu'à des poches d'eau coincées dans les rochers, qui alimentaient la communauté mormon,  les voyageurs, et les bandits qui cherchaient refuge dans ces régions inhabitées (Butch Cassidy, notamment, le hors la loi régional) pendant la saison chaude.

Puis les C repartent pour la ville étape, Richfield. Elle se trouve sur l'autoroute que les C ont quittée ce matin, et aurait probablement été atteignable en deux ou trois heures de route depuis Green River, mais comme les C sont passé par la campagne, ils retraversent des défilés rocheux pour sortir du parc, puis montent sur un plateau très peu hospitalier (2500 m d'altitude, beaucoup de neige et des daims au bord de l'autoroute), redescendent dans un canyon, repassent un col de montagne, et finissent, à la nuit, sur une route vertigineuse qui descend dans la vallée.

A Richfield, comme partout, les supermarchés sont ouverts le dimanche, et c'est une bonne chose car à force de pique niquer (il n'y a pas de restaurant dans les parcs nationaux), les provisions des C commencent à baisser. Ils rejoignent leur hôtel, sur une sortie d'autoroute, mangent dans un dinner au milieu des routiers. Ainsi s'achève leur huitième journée.
 





samedi 24 février 2018

Septième jour - les C dans les canyons

Moab  est coincé entre deux parcs, les Arches, vus hier, et Canyonland, au confluent du Colorado et de la Green River. Elles ont creusé, dans les hauts plateaux sédimentaires, des canyons très profonds, et surtout "à étages": du sommet du plateau, un premier canyon, de 200 ou 300 mètres de profondeur, a été creusé, jusqu'à une couche plus solide, dans laquelle la rivière en a creusé un second.

Cela crée des paysages assez étonnants, avec des mesas (des montagnes au sommet plat, créées par l'érosion d'un plateau), posées sur un plateau, lui même creusé de canyons. Et les roches sédimentaires ajoutent des couleurs à l'ensemble, sur rouge brique, à l'orange et au blanc, en passant par le vert (uranium) ou le bleu (manganèse).

En cette saison, on voit aussi du vert dans la végétation et de la neige, ce qui ne gâche rien. Et comme le ciel est bleu aujourd'hui...

La première étape des Dead Horse Point, une mesa qui domine les méandres du Colorado, rendue célèbre notamment par la scène finale de Thelma et Louise. La partie la plus avancée de la mesa est presque séparée du reste, connectée par un isthme très étroit.


 La vue du sommet de la mesa, au loin les montagnes La Sal, vers le Colorado, en contrebas, les bassins d'évaporation des mines de potasse qui entourent Moab. Le plateau qu'on voit en bas n'est que la "première couche", le Colorado et la Green river y ont creusé des canyons supplémentaires.

Arrivés sur la mesa, les C font une petite randonnée dans la neige, au bord du canyon. Le mélange neige et paysage de western est assez séduisant.

Puis, on arrive à Dead Horse Point, d'où l'on voit, en contrebas, les méandres du Colorado, et au moins quatre "étages" d'érosion successives.


De Dead horse point, les C redescendent, puis remontent vers le parc de Canyonland, où se trouve "l'île dans le ciel", une énorme mesa au confluent du Colorado et de la rivière verte. Après un pique nique frais mais ensoleillé, ils parcourent une piste qui mène à un cratère, que l'on croit résulter d'un impact de météorite.


Puis, un second sentier les mène à un autre bord de la mesa, où l'on voit au loin le canyon créé par la Green river.


Le reste de la journée est passé à explorer les différents rebords de l'île dans le ciel, où se succèdent falaises rouges et buttes rocheuses.



Repus de paysages de western sous la neige, les C redescendent, et repartent vers le nord ouest, pour Green River, une petite ville au bord d'une rivière, au milieu d'un grand désert gris. L'endroit est célèbre pour ses melons (il y a de l'eau et de la chaleur). Ils dînent dans un restaurant rempli de touristes asiatiques (un car fait relâche à Green River), dorment dans un motel au milieu du désert. Et se préparent à l'étape du lendemain, la traversée du désert de San Rafael.

vendredi 23 février 2018

Sixième jour - Les C dans le blizzard

Nos héros se réveillent au Stone Lizard Lodge de Blanding, un motel refait à neuf. Il est tenu par un vieux monsieur du coin, qui l'a mis en place pour sa retraite, et explique au petit déjeuner qu'il est le premier surpris de le voir rempli en basse saison.

Tandis qu'ils déjeunent et bavardent, une neige épaisse se met à tomber. La météo l'avait annoncée, mais cela ne rend pas la chose rassurante. Les C ont une centaine de miles à faire vers Moab, leur prochaine étape. Interrogé par papa C, le propriétaire de l'hôtel répond que cela devrait être faisable,  que cela sera un peu compliqué jusqu'à Monticello, la prochaine ville, 1000 pieds plus haut, mais qu'après, on reste à niveau, puis on descend. Les C partent donc, sous une neige épaisse qui commence à tenir.


La route est large, relativement droite, et des voitures précédentes ont laissé des traces. Elle a probablement également été sablée et salée pendant la nuit. Mais elle monte, et plus on avance, plus la neige est forte. Arrivés à Monticello, les C traversent une vraie tempête de neige.



Le sang froid de maman C fait des miracles. Peu à peu, la route redescend et la neige cesse de tomber, les C, victorieux, passent Wilson Arch, une arche naturelle au sud de Moab, qui n'est pas, sous la neige, sans un certain charme.


Ils arrivent à Moab, où il a également neigé. Ancienne capitale de l'uranium, cette petite ville de l'Utah, coincée entre les parcs nationaux des Arches et de Canyonland, s'est reconvertie dans le tourisme et l'aventure. La rue principale est une longue succession de motels, de restaurants et de magasins d'équipement de randonnée. Au bout de la ville se trouve le parc des Arches, objectif de la journée. Les C y arrivent en fin de matinée.


Les Arches sont un des parcs les plus visités des Etats Unis, plus d'un million et demi de touristes par an. On y voit un certain nombre d'arches naturelles, de rochers en équilibre, et de petits canyons creusés entre des lames de pierre verticales. Comme dans tous les autres parcs, on y circule sur une route panoramique assez longue (quelques dizaines de miles) et on s'arrête à des points de vues, d'où partent parfois des sentiers de randonnée. Ces derniers vont de chemins en ciment, où l'on croise des personnes âgées en déambulateur, à des sentiers plus alpins, qui demandent parfois plusieurs jours. Au Visitor Center, les C sélectionnent leurs destinations de la journée, puis reprennent la voiture, visitent les deux ou trois premiers points de vue, puis s'installent dans la voiture pour pique-niquer. Ce n'est pas très confortable, mais comme il fait à peine plus de zéro dehors...

Le déjeuner pris, on visite le parc. On y voit, sous la neige, des rochers en équilibre précaire.


Des rochers avec un trou dedans.


Des rochers avec deux trous dedans.


Des rochers façon échangeurs d'autoroute.


Des rochers et du sable rouge sous la neige


Et des arches franchement impressionnantes


Il fait malheureusement un ciel gris, mas il y a de la neige, ce qui n'est pas courant. Les C finissent par l'arche délicate, symbole du parc, qu'ils n'aperçoivent que de loin vu l'heure tardive.


Les C redescendent à leur hôtel, une grosse résidence de vacances à peu près vide en cette saison, dînent dans un buffet "all you can eat soup salad and pizza" qui fait le bonheur des petites C (et de leur père), puis vont se coucher. Demain est un autre jour.









jeudi 22 février 2018

Cinquième jour - Monument Valley

De bon matin, les C quittent sans regret Kayenta, bourgade moche, et roulent vers le nord. Dès les premiers kilomètres, le paysage devient intéressant. Il fait un beau ciel bleu, ce qui ne gâte rien.


Puis, on arrive à Monument Valley, sans l'ombre d'un doute.


En cette saison, il n'y a presque personne. La principale attraction consiste en une longue piste en terre, qui fait le tour des buttes. Les C y sont tous seuls, ce qui est très agréable (papa C frémit à l'idée de la cohue qui doit s'y tenir en été).

Le parcours est magique. On y voit des endroits tellement filmés qu'ils ont fini par entrer dans notre imaginaire, à côté de la maison des sept nains et du château de la belle au bois dormant.
 

 
L'après midi, les C parcourent le seul sentier de randonnée ouvert au public sans l'indispensable (et coûteux) "guide navajo". Il fait, sur six kilomètres, le tour de la butte de la mitaine, l'une des plus connues (à gauche sur la photo ci-dessus). Nos héros y sont seuls, ce qui ne gâte rien (papa C pense avec horreur à la visite en été, avec temps chaud et touristes en meute)

Le tour de la butte révèle l'aspect le plus surprenant de ces monuments. S'ils sont impressionnants vus de face, de profil, ils sont tout fins. Et tout ceci ne fait que renforcer l'impression de théâtre. Les monuments sont plats, comme des décors de cinéma.

 

On quitte Monument Valley, une dernière photo, de loin, de la silhouette que chacun connait par cœur...


Comme il est un peu tard, la seconde attraction de la journée, la Vallée des Dieux (une sorte de Monument Valley bis) ne pourra être visitée. Les C ont néanmoins un détour par Gooseneck State Park, un point de vue d'où l'on contemple les méandres de la rivière San Juan, trois cent mètres plus bas.


Nos héros ont quitté l'Arizona pour l'Utah. Ils finissent la journée à Blanding, petite ville de montagne, en pays mormon, dinent dans un restaurant où l'on ne sert pas d'alcool, et dorment dans un charmant motel, refait à neuf.

mercredi 21 février 2018

Quatrième jour - conseil de guerre

Ce matin, les héros sont enrhumés. Il fait à Gallup un froid polaire, et le planning de la journée doit être établi. Chaco, que l'on devait voir hier, est abandonné. C'est à deux heures au nord, dans la neige, loin de tout. On ira aujourd'hui au Canyon de Chelly, plus près, et mieux coté par Jean Jacques Michelin

Mais où dort-on? Assez logiquement, ils pourraient continuer vers l'ouest et le Grand Canyon, mais papa C prévient qu'on y prévoit des -10° dans la journée, ce qui refroidit leurs ardeurs touristiques. Vers le sud alors, la forêt pétrifiée, Sedona, Phoenix, où il fera enfin un temps raisonnable?

Maman C veut voir Monument Valley, son côté fan de John Wayne sans doute. Et comme c'est elle qui conduit, il est convenu qu'on ira vers le Nord, qu'on dormira à Kayenta, au nord de la réserve Navajo, et qu'après avoir vu les indiens aujourd'hui, on ira demain au pays des cowboys.

Le conseil levé, les C s'alimentent, font chauffer la Nissan (qui fonctionnera sans lave glace aujourd'hui, le liquide ayant gelé pendant la nuit), quittent le Nouveau Mexique et s'enfoncent en pays Navajo (la réserve Navajo occupe tout le quart nord est de l'Arizona).
La première étape est Window Rock, capitale de la nation Navajo. Elle tire son nom d'une falaise percée d'un trou. Les C prennent le trou en photo, font un peu de randonnée autour, et repartent.



Un peu plus loin, ils s'arrêtent au Hubbell trading post, sorte de magasin général où s'effectuaient les échanges entre indiens et blancs. Tenu par la famille Hubbell pendant près d'un siècle, il est toujours en activité. En dehors du magasin, on y voit une grange, une forge, quelques animaux. Rien de bien spectaculaire.


Le canyon de Chelly, destination de la journée, est atteint à midi. On y déjeune, puis on visite. Il s'agit d'un canyon creusé dans le plateau, dans lequel vivent quelques familles indiennes, la descente dans le canyon est interdite (en dehors d'une piste). Deux routes en font le tour et s'arrêtent au bord, sur différents points de vue.

 

Maman et les petites C descendent dans le canyon, sur la piste. Papa C, très enrhumé, les attend dans la voiture.

On repart vers 16h30, direction Kayenta, au nord de la réserve Navajo. La route traverse un plateau désert, d'où émeregent parfois de petits montagnes.



Les C arrivent à Kayenta à la nuit tombante. C'est une ville assez étendue, pas très engageante. Ils y occupent un hôtel pas très intéressant, trouvent un restaurant pas très excitant, où ils mangent une soupe pas très tentante. On a connu soirées plus sympathiques.


mardi 20 février 2018

Troisième jour - Où l'on voit de la neige

Levés de bon matin (mais un peu moins qu'hier), les C ouvrent leurs rideaux, et constatent avec satisfaction qu'il n'a presque pas neigé à White Rock. Leur programme du jour prévoit une visite au Chaco Culture National Park, un endroit perdu au nord est du Nouveau Mexique où l'on voit des habitations troglodytes indiennes (deux étoiles au guide de maman C). Auparavant, papa C a prévu de continuer la traversée des monts Jemez, en passant notamment par le cratère d'un ancien volcan, et des sources d'eau chaude. Et comme on souhaite continuer par le Canyon de Chelly, en Arizona, une chambre est réservée pour le soir à Gallup.

Comme cela représente une longue étape, nos héros déjeunent de bonne heure. Papa C interroge la tenancière de l'hôtel sur la praticabilité de la route de Jemez.

"Ca devrait être bon, mais il y aura de la neige"

Même pas peur, se disent les C, qui partent de bon matin à l'assaut des Jemez. Sur les premiers miles, le parcours est très montagnard, avec des lacets et des à pics, mais la chaussée est sèche et large. Trop facile, se disent, les C.

Dans l'autre sens, on voit passer des voitures couvertes de neige. Un peu plus loin, on croise un chasse neige à l'embranchement de la route de Los Alamos. Il y a de la neige sur les bords, la chaussée est un peu mouillée.

Au fur et à mesure que l'on monte, la chaussée sèche devient humide, puis enneigée, puis verglacée. Et la route continue de zigzaguer. Maman C est de moins en moins à l'aise, et un regard sur la carte indique que ce n'est pas fini. Une heure après le départ, nos héros s'arrêtent dans un très beau paysage de montage, avec de la neige partout, et, élément décoratif, un petit 4x4 retourné dans de fossé sur le bord de la route.

Papa C, courageux mais pas téméraire, sonne la retraite. On va contourner les Jemez par le nord. Nos héros font demi tour et redescendent prudemment. Pour changer, ils décident de passer par Los Alamos, ce qui économisera quelques miles. La route est excellente, ce qui parait normal pour un laboratoire de recherches ultra secrètes. Il y a aussi un poste de garde, qui arrête leur voiture, les interroge sur leurs intentions, et les relâche. Ensuite, ils se perdent dans Los Alamos, retrouvent finalement leur chemin grace à Google, et redescendent enfin vers Espagnola, au nord de Santa Fe.

Une petite pause est bienvenue. Le guide de maman C recommande le sanctuaire de Chimayo. C'est l'un des premiers lieux de pèlerinage des Etats Unis, où une poussière sacrée est censée guérir les malades. L'église en pisé est décorée dans un style naïf et hispanisant. Derrière, on montre une impressionnante collection de cannes anglaises, et des photos de proches que les pèlerins laissent sur place, pour qu'ils soient protégés.


Le sanctuaire visité, nos héros repartent vers Abiqiu, au nord de Jémez. Ils traversent un lac artificiel, puis montent vers des hauts plateaux enneigés. Comme on est en fin de matinée, et que le soleil brille, la route a eu le temps de sécher, ce qui arrange bien les affaires de maman C, que la séquence du matin a fâchée avec la conduite sur neige.

Par ce temps, la région ressemble davantage à la Suisse qu'au Nouveau Mexique. Mais le mélange de relief du sud et de neige n'est pas sans charme.



Sur le coup de treize heures, nos héros arrivent à Cuba, au Nord Ouest des Jemez, où ils déjeunent. Comme ils ont mis la matinée à faire un parcours prévu en deux heures. Ils ne visiteront pas le parc Chaco aujourd'hui. Il faut maintenant rallier Gallup. Le chemin le plus rapide passe par de petites routes, mais maman C craint qu'elles soient enneigées, et c'est elle qui conduit, et elle a déjà donné. Il est donc décidé qu'on redescendra sur Albuquerque, puis qu'on prendra l'autoroute (l'ex route 66) pour Gallup.



Les paysages sont beaux, mais le trajet est long, et c'est fourbus et enrhumés que nos héros arrivent à Gallup, dans un motel au bord de la route 66, en face de la voie de chemin de fer où passent d'interminables convois de marchandise. Il fait -13°C, ils dinent dans un Denny's d'un bol de soupe, et s'effondrent dans leurs lits sans avoir décidé de leur destination du lendemain.