samedi 17 février 2018

Prélude - Que d'eau!

C'était un hiver pluvieux. Il pleuvait tous les jours, le matin, le midi, la nuit. Les douves de Château-C débordaient, la rivière au fond du jardin était en crue permanente et l'île déserte sur l'autre rive prenait des airs de lagune. Et comme on était en hiver, et qu'il pleuvait, les journées, déjà courtes, étaient grises.

Il y avait bien eu quelques jours de neige, puis du ciel bleu et de beaux paysages, mais le redoux était venu, la neige avait fondu, et la pluie recommencé. Et la grisaille extérieure, qui fermait le potager et interdisait les sorties, déprimait maman C.

"Ca ne peut plus continuer ainsi, dit-elle un soir à papa C. Il nous faut du soleil, du temps sec et des grands espaces."

Papa C réfléchit. Les prochaines vacances, c'était Février. Un séjour au ski, avec de la neige, des meutes de citadins au pied des remonte pentes et du beau temps non garanti ne conviendrait ni à maman C., ni à ce blog intitulé "les C en Amérique". Papa C, peu imaginatif, proposa donc... l'Amérique.

"L'Amérique d'accord, mais avec du soleil et au sec!"

Papa C se mit donc en quête de déserts ensoleillés, se prit à rêver de vestes à franges et de bottes en cuir de couleur, s'écria "yeehaaa", réserva un aller pour Albuquerque et un retour de Las Végas, acheta des guides et des atlas, et commanda une voiture et une première nuit d'hôtel. Les C allaient repartir en Amérique.

Un mois a passé, les valises sont prêtes, ils s'en vont demain matin...

Il flotte sur Château-C un parfum d'aventure.

samedi 15 avril 2017

Quatorzième jour - les C à la maison

Il y eut un soir, il y eut un matin, mais comme on était en avion, ils furent rudement rapprochés.

Le voyage a duré 8h15, nettement moins que l'aller. Les petites C ont dormi un peu, les parents pas. Sur le coup de 9h30 locales (3h30 US), les C arrivent à Roissy. Le débarquement se fait en bus, il pleut, il fait froid, les cloques de papa C suintent. Home sweet home!

Epuisés, nos héros attendent leurs bagages, une valise, deux valises... deux valises, deux valises? deux valises! Au comptoir, ils apprennent que deux valises n'ont pas été embarquées, et arriveront demain. Le bon côté de la chose est qu'elles seront livrées à domicile, ce qui allégera le trajet aéroport-maison. Le lendemain, papa C ne voyant rien venir, appellera la compagnie, et apprendra que les valises, après un contrôle à Miami, ont été envoyées par erreur à Madrid, mais que sur une compagnie américaine, le trajet Madrid-Paris passe par Miami... Les C devraient donc recevoir leurs bagages le surlendemain.

Après, c'est comme au début, mais dans l'autre sens, couloirs d'aéroport, RER, RER, train, mamie à la gare et la maison. Les C sont fourbus, mais fiers du chemin parcouru. Ils reviendront en Amérique.

vendredi 14 avril 2017

Treizième jour - Où l'on ne voit pas Miami

Les C sont à Miami, but de ce voyage, ils repartent ce soir. En bons touristes, ils devraient profiter de cette dernière journée, aller à la plage, visiter, faire des choses extraordinaires, pour pouvoir parler de ce petit restaurant dégotté le tout dernier jour, de cette boutique visitée juste avant de partir. Et puis, aller en Floride sans voir Miami, hein?

Mais ce matin, les héros sont fatigués. Hier soir, le dos de papa C s'est couvert de grosses cloques peu ragoutantes, les petites C ont des courses à faire, maman C veut avoir le temps de ranger les valises. Aussi, après un réveil un peu tardif, et un petit déjeuner pris lentement, il est décidé qu'on ne verra de Miami que l'aéroport, qu'on gardera la visite de la ville de la plage et du reste pour une autre fois, et que de toutes façons, si on a tenu jusque là sans voir Miami, on peut bien attendre encore quelques années.

Cette nuit, papa C qui n'arrivait pas à dormir à cause de ses coups de soleil, a consulté sur internet la rubrique à leur sujet. Comme toujours dans ce cas, il a repéré les signes manifestes de plusieurs maladies incurables, a refermé l'ordinateur, et s'est dit qu'il irait ce matin consulter à la pharmacie la plus proche. Il se dit que, vu le climat, les pharmaciens de Miami doivent s'y connaître en coups de soleils. A la pharmacie, une dame en blouse blanche lui explique (avec un accent espagnol à couper au couteau) qu'elle compatit à ses souffrances, et qu'il n'y a pas grand chose d'autre à faire qu'attendre. Elle lui vend deux crèmes au cas où. Rassuré sur son futur proche, papa C rentre à l'hôtel où maman et les petites C ont le nez dans les valises. L'opération rangement est plus rapide que prévu. Tout ce qui sent (linge sale et coquillages de Sanibel) va dans une valise. Tout ce qui est lourd (guides touristiques, cartes, livres) dans une autre, plus petite, et le reste est plus ou moins équitablement réparti entre les deux dernières. Vers onze heures, les C sont prêts, comme ils ont décidé de ne pas aller flâner en ville (la veille, en venant, le centre leur a semblé très bouché) ils se mettent en quête d'un Walmart, pour y faire des courses. Pendant que les petites C s'approvisionnent en bonbons, papa C prend des grits, et du mélange à cornbread. Religieusement, ils achètent un nouveau bidon de sirop d'érable, de l'amber grade A du Vermont (c'était, ne l'oublions pas, l'objet de leur voyage), et diverses babioles qui décoreront château-C.

Sur le coup de midi, on remonte en voiture. Pour la dernière fois, papa C prend sa carte, direction l'aéroport. A quelques kilomètres un panneau indique "rental car return", les C suivent plusieurs bretelles d'autoroutes, et arrivent à un parking de quatre étages, où tous les loueurs sont concentrés. Avis est au troisième. C'est assez industriel, des employés en gilet réfléchissant les guides sur une voie, pendant qu'ils vident la voiture, quelqu'un la contrôle, note le kilométrage et la jauge et tend à papa C un reçu. Un ascenseur les conduit à une navette automatique, qui les emmene à l'aéroport. Ils y sont vers une heure, cinq heures avant le décollage. Papa C aime à dire qu'il est souvent en avance aux gares et aéroports, mais là, cela tient du record...

Comme les C voyagent sur American Airlines, l'Air France local, ils peuvent enregistrer leurs bagages dès maintenant. Après quelques échanges de dernières minutes, les quatre valises sont en dessous des cinquante livres réglementaires (papa C comprend alors l'origine des 23 kilos de bagages autorisés). Les C passent la sécurité, ce qui vaut à papa C un sympathique palpage par une douanier moustachu, et se retrouvent dans le terminal D, une allée de deux kilomètres de long, pleine de boutiques et de restaurant. Comme ils ne verront pas Little Havana, ils vont déjeuner dans un restaurant cubain, serveurs moustachus et gominés, porc grillé, bananes plantain et soupe de haricots noirs, puis vont chasser le souvenir dans les boutiques de l'aéroport.

Vers cinq heures, ils rejoignent la porte d'embarquement, qu'ils trouvent vide: l'avion d'origine a été remplacé par un plus gros, l'embarquement est retardé d'une heure et a changé de lieu. Un kilomètre plus loin, ils arrivent devant la porte, où attend une meute de français. La clientèle de Miami est assez balnéaire (la région est surtout connue pour ses plages), et les C font donc un peu tâche au milieu de ces gens bien habillés et bronzés. Comme tous les sièges sont pris, ils vont se cacher à la porte voisine, départ pour Panama city. Vers 19h locales, l'embarquement a lieu, dans une cohue bien française. L'avion est effectivement plein, papa C bénit ses petites jambes. Quelques heures plus tard, l'avion roule, décolle, on aperçoit au loin la ville, puis la côte, puis la mer, un dîner est servi, les C on quitté l'Amérique.

jeudi 13 avril 2017

Douzième jour - Où l'on voit les Everglades

Les C sont à Naples, au Sud Ouest de la Floride. Ils reprennent demain soir l'avion à Miami, dont ils sont séparés par les Everglades, qui constituent le programme de la journée. Ils n'en verront pas la partie Sud, la plus réputée, qu'on n'atteint que depuis Miami, mais ce n'est pas grave, ils reviendront.

Ils se réveillent ce matin dans leur suite surclassée, et vont prendre le petit déjeuner dehors, dans la jungle privative. Cet hôtel est décidément magnifique (Best Western Naples Inn and Suites, pour ceux qui passeraient dans le coin). En repartant, papa C échange avec la réceptionniste française établie ici, qui l'interroge sur les élections. Puis on visite rapidement la ville, probablement trop chaude en été, mais qui figure en bonne place sur la liste des villégiatures d'hiver de papa et maman C quand ils seront riches et vieux. C'est très propre, sans doute assez cher, mais sans le caractère prétentieux de certaines villégiatures américaines. Ca reste également une petite ville.

Ensuite, ils reprennent la route 41, qu'ils suivent depuis Tampa, direction l'Est et Miami. Le premier arrêt est le parc Collier-Seminole, pas très loin de Naples. On y voit des marais et une drague qui a servi à construire les routes sur lesquelles on circule aujourd'hui, il y a quelques sentiers de promenade, qui avancent dans la forêt, qui prend ici des allures tropicales.



A l'entrée du parc le "moustiquomètre" indiquait "élevé" (l'avant dernier niveau). Il ne se trompait pas. Les C, pourtant enduits de produit anti moustique, se font dévorer, et la visite est brève. Ils continue ensuite vers la Big Cypress Preserve. A l'entrée du parc se trouve une minuscule promenade au dessus d'un étang, dans lequel nagent deux lamantins. Un peu plus loin, la Big Cypress Bend est une longue piste sur pilotis, au qui traverse des marais, une forêt, et aboutit à un étang où nagent des crocodiles. Les moustiques y sont absents, mais on y voit toutes sortes de bêtes.



Il est midi, et il fait faim. Comme les Everglades ne sont pas connues pour leurs restaurants, et que papa C refuse de jouer son rôle en allant chasser l'alligator, on reprend la voiture, direction Everglades city, petite ville au sud ouest des Everglades. C'est le paradis des tours en aéroglisseurs, mais on y trouve aussi des restaurants, où l'on peut manger des burgers ou des nuggets d'alligator. Les C se tournent vers des choses plus classiques, puis repartent, direction Shark Valley, la vallée des requins, dans les Everglades. C'est la principale attraction de la partie nord de l'île, une longue piste dans la prairie, qui mène à une tour d'observation. On peut la parcourir en petit train. Les C arrivent à l'heure pour le dernier départ, et obtiennent des billets de justesse (une réservation s'est décommandée).

A cette époque de l'année, les marais sont à sec, on traverse donc une grande prairie d'herbe verte, avec quelques trous d'eau où des alligators prennent le soleil, et des bosquets qui abritent le reste de la faune. C'est assez éloigné de l'idée qu'on se fait des Everglades



Au bout de la piste, il y a une sorte d'oasis, avec un étang, des palétuviers, des alligators, et une tour du sommet de laquelle on a une belle vue sur la prairie.



Le retour est un peu comme l'allée, une route au dessus des marais à sec, des alligators un peu partout, et des échassiers. Papa C trouve l'ensemble un peu décevant : c'est plus connu, mais moins spectaculaires que certains parcs vus les jours précédents. Ils rentrent vers six heures du soir, et reprennent la route pour Miami, où ils arrivent une heure plus tard.

mercredi 12 avril 2017

Onzième jour - Les C font les touristes

Bien que la quasi-totalité de leur voyage se soit déroulée au bord de la mer, les C ne sont pas encore "vraiment" allés à la plage. Ils ont marché au bord de l'eau, trempé leurs pieds quelques fois, mais c'est tout. Et nous sommes à deux jours du retour!

Ce matin, convenant que la situation n'était plus tolérable (tu vas en Floride et tu vas pas à la plage, non mais allo quoi!), il est décidé d'y remédier, en allant à Sanibel, île du voisinage connue pour ses plages de sable fin, son eau transparente et ses coquillages. Les C arrivent à neuf heures trente à Bowman beach, connue pour ses coquillages, et c'est effectivement comme annoncé: sable fin, eau transparente, coquillages magnifiques. ils sont tellement contents qu'ils y restent trois heures, et y prennent de superbes coups de soleil (les épaules de papa C tout particulièrement).

Parmi les autres activités touristiques négligées figurent le lêche-vitrine et les achats. Fort Myers contient, très opportunément, un "Tanger outlet" (rien à voir avec la ville, c'est juste une chaîne de magasins d'usines appartenant à un certain monsieur Tanger). Les C y déjeunent, puis y font des courses. Les petites C découvrent la maison Osh Kosh, papa C retrouve avec plaisir la maison Bass et ses vêtements de bûcheron du Maine.

Comme l'étape de ce soir, jusqu'à Naples, est assez courte, il était à l'origine prévu d'aller visiter la maison de campagne que Thomas Edison avait dans la région, et à côté de laquelle s'était installé un de ses employés, qui devint son ami, avant de faire fortune, un certain Ford... Mais les coups de soleil du matin se rappellent au bon souvenir de nos héros, qui sont fatigués, et repartent directement.

Leur hôtel de Naples est une sorte de résidence de vacances, qui donne sur une petit jungle privative. Les C y ont apparemment été surclassés: pour les 150$ de leur chambre "normale", ils ont une suite de trois pièces. Ils vont dîner dans un restaurant de poissons, et se couchent tôt : demain, c'est l'avant-dernier jour, et les Everglades.

mardi 11 avril 2017

Dixième jour - Des musées pour changer

Les C se réveillent à Tampa. Ils quittent rapidement leur beau motel cerné par les autoroutes et les quartiers mal famés, et rejoignent assez rapidement leur première destination de la journée: l'aquarium. Comme la veille, il est principalement consacré à la faune régionale. On y voit donc toutes sortes d'échassiers et canards, des poissons d'eau douce comme de mer, des loutres, des requins, des raies, des hippocampes.



Comme souvent dans les aquariums, en semaine, il y a des écoliers, qui font un bruit infernal. Le lieu est très bien conçu pour les petits: les bassins sont bas, et il y a quelques endroit où l'on peut toucher les bêtes (raies, étoiles de mer). Seule déception, les pingouins, stars des lieux, ne sont visibles qu'à certaines heures, et les C ne les verront pas (ce qui désole l'une des petites C, qui sera obligée de revenir).



L'aquarium visité, les C traversent la baie et vont à Saint Petersburg (le guide de papa C dit qu'il faut dire St Pete pour avoir l'air à la page). C'est nettement plus luxueux, plus âgé aussi. Et comme c'est assez bas sur l'eau, les immeubles d'habitation ont des parkings en hauteur.



On y trouve le plus grand musée Dali hors d'Espagne, œuvre de deux collectionneurs de la première heure. ON y voit quelques toiles célèbres, mais aussi des œuvres de jeunesse, de belles photos du maître au bord de la mer, avec sa femme (ex mme Eluard, ex mme Ernst).



Comme le musée n'est pas très grand, les C vont à la plage. Comme ils se perdent un peu en chemin, ils visitent St Petersburg, que papa C retient comme lieu de retraite possible. La promenade sur la plage est courte, car il se fait tard et il faut repartir. Promis, demain on commence par la plage!

Après un long périple, ils arrivent à Fort Myers, leur destination du soir, et dînent, sur la recommandation de l'hôtelière, dans une cabane en bois au bord de la route, où l'on mange d'excellents fruits de mer (on est un peu dans la région, faut dire).

lundi 10 avril 2017

Neuvième jour - Sous le signe du Lamantin

Avant leur départ, les C, en bons touristes, ont acheté des guides. Ils n'ont bien évidemment pas tout lu, mais en ont retenu quelques endroits où ils voulaient aller, et d'autres qu'ils entendaient éviter. Pour la Floride, ils avaient banni Orlando (on veut voir des bêtes sauvages, pas des mickeys), les Keys (trop près de l'époque du spring break, et la viande saoule sur fond de techno, on a cela à la maison), le Panhandle (trop loin), et les grandes plages de la côte est (trop blondes, surfeurs et mojitos). Inversement, ils avaient retenu quelques inévitables : le Yorktown, les Okefenokee (pour Papa C), et les lamantins de Crystal River, à la demande unanime de maman C.

Crystal river est un petit port au nord de Tampa, qui présente le défaut de n'avoir pas de plage, et serait probablement resté un trou paumé sans ses lamantins. Comme aux Silver Spring, une rivière souterraine et transparente (qui donne son nom au pays) y sort de tyerre our se jeter dans la mer. L'eau est à température constate, ce qui fait que les lamantins qui remontent en hiver des caraïbes, et qui craignent l'eau froide (en dessous d'une certaine température, ils stressent, cessent de se nourrir, et meurent), y cherchent refuge. Comme ils y sont protégés, certains y restent toute l'année, et l'activité touristique tourne autour de la pêche, et des tour d'observation de lamantins.

Comme les C ont déjà fait pas mal de croisières, il est décidé de tenter de voir les grosses bêtes depuis la terre. Un parc d'état, à quelques kilomètres de leur hôtel a des pistes qui longent l'estuaire de la rivière de cristal. L'endroit est très beau, et désert de bon matin. Comme la veille, le paysage est un étonnant mélange de marais, de



Au bord de la rivière, ou aperçoit, pas très loin du bord, des ronds, qui se déplacent, comme un gros animal qui nagerait juste sous la surface. Les C l'accompagnent. Un peu plus loin, une des petites C voit un muffle gris, puis le discret animal disparait.

Ravis de cette première rencontre, les C se rendent au refuge naturel d'Homosassa Springs. Le guide de maman C le présente comme un refuge pour lamantins blessés, et l'on voit effectivement trois, qui évoluent dans la source naturelle qui se trouve dans le parc. Un observatoire sous marin permet de les voir évoluer.



Mais au delà des lamantins, l'endroit est passionnant. C'était au départ un zoo privé, pas spécialement consacré aux lamantins. Dans les années 60, il hébergeait les animaux d'Ivan Tors, le producteur de Flipper, Daktari ou mon Oncle Ben. Dans les années 70, l'Etat de Floride le racheta pour en faire une réserve naturelle, et se mit donc à expédier les pensionnaires "non natifs" (lions, singes et autres) vers des zoos, pour y installer des lamantins, pélicans, etc. Cette préférence nationale zoologique buta sur un pensionnaire particulier: l'hippopotame Lu, chouchou du public. Son expulsion provoqua une telle levée de boucliers que le gouverneur (dont la réélection approchait) le nomma "citoyen honoraire de Floride", ce qui lui permit ainsi de rester.



Le reste du parc est un grand zoo qui accueille des animaux locaux, mais qui ne pourraient pas vivre dans la nature : pélicans handicapés, lamantins blessés, aigles estropiés. On y voit aussi, comme partout, des alligators et des vautours noirs (les pigeons locaux).



Cette maison de retraite pour animaux héberge à l'année longue trois lamantins, qui ne survivraient pas seuls. Un quatrième, trouvé récemment en train de se laisser mourir dans l'eau froide, est en train de se remettre. Mais en hiver, le refuge ouvre ses portes à tous les lamantins de la baie (les pensionnaires attitrés sont alors déplacés dans un autre bassin), qui viennent y passer les jours les plus froids. Il peut alors y en avoir plusieurs centaines.

Les C sortent ravis de cette visite. Comme elle a duré plus que prévu, l'arrêt suivant, à Weeki Wachee est annulé. Il s'agit d'un spectacle sous marin de sirènes (femmes costumées évoluant sous l'eau), l'une des plus vieilles attractions de Floride (fondée en 1946) l'une des plus kitsch aussi. Papa C se promet qu'on reviendra (personne ne sait d'où lui vient cet intérêt pour les sirènes...)

Il faut repartir, les C sont attendus à Tampa ce soir. Adieu sirènes, crochet vers la plage, les C roulent, et arrivent assez tard dans un bel hôtel, affreusement situé entre deux bretelles d'autoroute, au milieu d'un quartier glauquissime. C'est la première fois depuis le début du voyage que les C ne se sentent pas à l'aise. Interrogé par papa C, le garçon de l'hôtel leur explique que le restaurant le plus près est à plusieurs miles, et comme maman C n'a pas du tout envie de tourner, de nuis, dans cette sinistre banlieue, l'hôtel étant assez difficile à trouver, les C commandent une pizza un peu huileuse, qu'ils mangent dans leur chambre. Demain est un autre jour.